André Boisclair succéderait à de grands péquistes. En effet, après avoir pris la relève de Bernard Landry en novembre, il annonce jeudi matin qu’il serait candidat dans Pointe-aux-Trembles, juste après Nicole Léger.
C’était une très dure tâche que de remplacer le chef du Parti Québécois, mais ce sera certainement une grande tâche que de finalement siéger à l’Assemblée Nationale.
Justement, André Boisclair semble très pressé d’être élu. « ce que je demande à monsieur Charest c’est de déclencher des élections partielles le plus tôt possible» a-t’il dit jeudi en conférence de presse. Ce qui est étonnant dans cette attitude, c’est son absence complète du monde politique depuis plusieurs mois. Boisclair a eu sa chance : il aurait pu se présenter aux élections dans Outremont ou Verchères en décembre 2005. Si, par contre, il désirait prendre un peu de temps à se préparer, il aurait quand même resté l’élection d’avril dans Sainte-Marie-Saint-Jacques. Soudainement, une semaine avant la fin de la session parlementaire, le temps presse pour le chef du PQ d’avoir un siège.
Ce qui aurait pu être une grande nouvelle vue l’impopularité grandissante de Charest semble finalement être un pétard mouillé. Il y avait un grand intérêt : depuis trois jours, Radio-Canada publiait d’avance l’annonce d’aujourd’hui. Et maintenant, une tribune du midi à TQS à propos du leadership de Boisclair. 55% des téléspectateurs croient qu’il ne pourrait pas battre Charest… et par le fait même qu’il serait impossible pour lui de mener le PQ à une victoire.
Celui qui a été élu chef du Parti Québécois avec 54% des voix contre 31% ne fait dorénavant plus l’unanimité au sein même de ses membres. Est-ce que son homosexualité change quoi que se soit à l’opinion publique? Peut-être. Toujours est-il que mon voisin est souverainiste et péquiste depuis longtemps, gai et dans la quarantaine, et il promet de ne pas voter pour le PQ aux prochaines élections. Son but est en fait de voter contre Boisclair.
Michel David disait jeudi matin dans le Devoir que le PQ gagnerait à donner un autre mandat à Louise Harel comme chef de l’opposition. Qui pourrait alors diriger les péquistes vers une victoire? Croîra-t’on monsieur Boisclair autant que l’on a fait confiance à Bernard Landry ou Lucien Bouchard?
Jean Charest a beau prendre des décisions contraires à l’opinion publique, grâce à l’opposition il reste qu’il est en place pour au moins un autre mandat.